Archives sonores 1982 – 2020de l'émission Médiagora par Claude Carrez
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Exposition Claudia Andujar, la lutte Yanomani

06 mars 2020
Davy Kopenawa· Représentant Yanomami et porte-parole de la lutteDario Vitória Copenhague Yanomami· Vice-président de l'association Ruto Cara (Yanomami)Claudia Andujar· Photographe engagée auprès des Yanomamis (mentionnée)Bertrand Tavernier· Cinéaste et critique, spécialiste du maccartismeL'Axe (Lacks)· Dessinateur de bande dessinée, invité du festival Vendange Graphique

Production-réalisation : Claude Carrez, technicien : Joël Camus

Exposition Claudia Andujar, la lutte Yanomami et autres sujets culturels

L'émission aborde trois sujets : une exposition à la Fondation Cartier sur la lutte des Yanomamis, illustrée par les photographies de Claudia Andujar, le maccartisme aux États-Unis dans les années 1950 et le festival de bande dessinée Vendange Graphique à Condrieu.

Lutte des peuples autochtones (Yanomamis)Maccartisme et chasse aux sorcières aux États-UnisFestival de bande dessinée (Vendange Graphique)Photographie et engagement socialHistoire et mémoire

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Émission

Transcription

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Trois sujets dans Mediagora ce soir sur RCF.
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Tout d'abord, nous partons en Amazonie avec la lutte Yanomami.
0:230:28
Et cette population va nous dire pourquoi ils se battent.
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Ensuite, autre combat au moment...
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Dans les années 50 aux États-Unis, quand il s'agissait de se battre au moment du maccartisme.
0:410:54
Et c'est Bertrand Tavernier qui nous en parle, avec comme illustration« Le temps sans pitié», film de Joseph Lozay, en exil en Angleterre en 1957.
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Nous terminerons par un moment festif au Vendange Graphique, festival de bande dessinée et peut-être d'autres choses à Condrieu.
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Et c'est Lacks, le dessinateur de bande dessinée, qui va nous en parler.
1:251:30
Alors partons en Amazonie avec la lutte Yanomami.
1:301:37
C'est une exposition à la Fondation Cartier qui a commencé le 30 janvier et qui se termine le 10 mai.
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Et des photographies de Claudia Andujar sont présentées.
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Il y a Davy Kopenawa, Bruce Albert et Thiago Noguira qui représentent les Yanomamis.
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Alors ces Yanomamis, c'est un peuple indigène parmi les plus nombreux des forêts d'Amérique du Sud, à la fois au Brésil et au Venezuela.
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Il constitue un ensemble linguistique et culturel divisé en quatre sous-groupes parlant des langues mutuellement intelligibles.
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Et la photographe Claudia Andujar nous dit« Je suis liée aux Indiens, à la terre, à la lutte première.
2:232:25
Tout cela me touche profondément.
2:252:27
Tout me semble essentiel, peut-être.
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Ai-je toujours cherché la réponse au sens de la vie dans ce noyau fondamental?
2:342:38
J'ai été poussé là-bas, dans la forêt amazonienne, pour cette raison.
2:382:40
C'était instinctif.
2:412:41
C'est moi.
2:412:42
que je cherchais.
2:432:47
Et un Yanomami parle de Claudia Andujar.
2:482:53
Et il nous dit« Elle est arrivée à la mission Katrimani.
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Elle a pensé à son projet de photographie, à ce qu'elle ferait, à ce qu'elle planterait.
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Comme on plante des bananiers, comme on plante des anacardiers.
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Elle portait les vêtements des Indiens pour se lier d'amitié.
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Elle n'est pas Yannomami, mais c'est une véritable amie.
3:133:16
Elle a pris des photographies des accouchements des femmes, des enfants.
3:173:21
Puis elle m'a appris à lutter, à défendre mon peuple, ma terre, ma langue.
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Les coutumes, les fêtes, les danses, les chants, le chamanisme.
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Elle a été comme une mère pour moi.
3:283:30
Elle m'a expliqué les choses.
3:303:34
Je ne savais pas lutter contre les politiciens, contre les non-amérindiens.
3:353:40
Et c'est bien qu'elle m'ait donné un arc et une flèche, non pas pour tuer des Blancs,
3:413:49
Mais l'arc est la flèche de la parole, de ma bouche et de ma voix, pour défendre mon peuple, Yanomami.
3:493:52
Il est très important que vous regardiez son travail.
3:523:56
Il y a beaucoup de photographies, beaucoup d'images de Yanomamis qui sont morts.
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Mais ces photographies sont importantes afin que vous connaissiez et respectiez mon peuple.
4:024:04
Celui qui ne le connaît pas connaîtra ces images.
4:054:06
Mon peuple est là.
4:064:11
Vous ne lui avez jamais rendu visite, mais l'image des Yanomamis est ici.
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C'est important pour vous et pour moi, pour vos fils et vos filles, pour les jeunes, les enfants, pour apprendre à regarder et à respecter mon peuple Yanomami brésilien qui habite sur cette terre depuis si longtemps.
4:254:29
C'est Davy, Copenhague, Yanomami qui nous dit tout ça.
4:304:38
Et écoutons le vice-président des Yanomamis que j'ai rencontré pour RCF.
4:394:41
Meu nome é Dario, Vitória Copenhague Yanomami.
4:414:43
Eu sou porro Yanomami do...
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No Brasil e eu sou vice-presidente da Ruto Cara Associação Yanomami, que representa na política pública.
4:514:56
Ele representa os povos Yanomami nas questões políticas do país.
4:575:04
Qu'est-ce que représente pour vous cette exposition à Paris sur ce sujet-là?
5:055:08
O que essa exposição aqui em Paris representa para você?
5:105:14
Olha, e a exposição a gente está demonstrando o nosso...
5:155:17
Nossa própria cultura Yanomami.
5:175:21
Por isso ele está aqui, na cidade de vocês aqui.
5:225:27
E ele também representa sobre histórico, no momento histórico.
5:285:30
E também ele representa a cultura Yanomami.
5:315:34
Mas ele também representa como uma política dos Yanomami.
5:355:40
Está enfrentando debate política para respeitá-lo.
5:425:49
nossa moradia e diversidade, enfim, por isso é bom vocês aprenderem
5:525:57
através de imagens e vocês reconhecerem quem são os Yanomami do Brasil.
5:596:08
Cette exposition représente le peuple Yanomami, elle représente l'histoire du peuple Yanomami, les luttes du peuple Yanomami et aussi la culture.
6:096:16
On trouve que c'est bien que vous, ici en Europe, vous pouvez comprendre notre histoire à travers les images du peuple Yanomami.
6:166:17
C'est pour ça qu'elle est là.
6:196:25
Quel est le combat véritable que vous menez aujourd'hui?
6:266:31
Et ce combat, on voit pourquoi il existe, mais contre qui?
6:326:36
Parce qu'un combat, c'est toujours contre quelqu'un ou contre quelque chose.
6:366:46
É bom porque hoje é verdadeiro, é o nosso contra cenário político hoje atual, contexto político.
6:466:53
E hoje em dia a gente está sofrendo ameaça de morte.
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Nós estamos recebendo muito homicídio, assassinato por não indígena.
7:007:05
Essa luta é grande, a luta é nacional, internacional, e isso nós estamos lutando.
7:067:11
Especificamente, eu vou entrar na Terra Yanomami, é nossa luta verdadeira, somos...
7:117:19
e lutando contra a Bate e exploração, mineração na terra indígena Yanomami.
7:207:32
É isso, a nossa luta, rebatendo políticas públicas, principalmente o presidente da república está querendo abrir, minerar, explorar essa exploração na terra e no humano.
7:327:33
E isso é verdadeiro nosso luta.
7:357:40
Notre combat aujourd'hui, c'est contre le contexte politique actuel.
7:407:43
Il y en a beaucoup de Yanomamis qui sont en train d'être tués.
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Il y a eu beaucoup d'assassinats dernièrement.
7:477:54
Mais pour rentrer plus dans les détails, la lutte aujourd'hui, c'est contre leur paillage et la minération dans notre territoire.
7:567:58
C'est ça notre combat politique de ce moment.
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Et vous avez bien sûr confiance, parce que vous avez confiance en vos moyens de lutte, parce que la lutte paraît disproportionnée.
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Alors comment est-ce que vous la vivez ça?
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Parce que vous avez en face de vous quelque chose de monstrueux.
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Vous avez la puissance d'argent en face, vous avez le pouvoir de grandes nations et vous, vous êtes en face un petit peu le petit pousset.
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Mais le petit pousset, il a confiance.
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Sim, é claro.
8:368:38
É extremamente muito complexo.
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Você luta contra inimigo ou inimigo.
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para tentar, querendo baixar nesse cenário político, é muito difícil, mas a gente tem que estar,
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como nós indígenas do Brasil, nós estamos mobilizando, demonstrar nesta luta do movimento indígena,
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autoridade nos possa respeitar-se nessa mobilização através de luta, movimento, dialogando com as autoridades.
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Isso a gente está tentando aproximar os inimigos.
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A não rebater muito os indígenas.
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Hoje é muito difícil.
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E isso, como sociedade não indígena e sociedade indígena, se conversando com pensamento diferente, isso não vai acabar.
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Mas nós vamos continuar lutando isso, extremamente demonstrando.
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Falando sobre problemas, sobre ameaças, violações de direitos.
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Isso é o único que a gente pode ir tentando aproximar para minimizar esse rebate.
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Oui, évidemment, c'est très compliqué, mais on essaye quand même de continuer à lutter par les dialogues.
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de dialoguer, d'insister avec les pouvoirs politiques pour continuer notre lutte, montrer notre...
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Notre combat.
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Par quels moyens?
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Bon, alors, nous avons des territoires démarqués.
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Et au Brésil, ce sont environ 310, 320.
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Seus territórios demarcados.
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E cada etnia tem o seu específico, as demarcações.
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Mas na terra Yanomami, é terra grande, quase 9 milhões de hectares.
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E se a gente não participasse no movimento, principalmente o movimento indígena, que é o que eu falei, como o Capamento Terra Livre, isso é um momento muito importante e discutir nesse processo
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de fortalecimento, de falar ao poder público, isso a gente participa.
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Talvez isso está fortalecendo, mas do outro lado é muito difícil a gente se comunicando e outro parente, mas se a gente querendo fazer isso...
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O único que a gente conseguiria é apoio a algumas pessoas, apoio de fora e principalmente a retirada dos garimpeiros na terra Yanomami.
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Isso a gente pode...
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Estão tentando fazer isso, mas a gente não está conseguindo.
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Mas se tiver outras pessoas que nos ajudar para pressionar o governo brasileiro e poder retirar os garimpeiros.
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A gente pensa isso.
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Isso eu me raciocino.
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Para fazer isso é muito complexo, mas nós como IANOMAM, a gente está lutando sozinho, mas a gente está conseguindo.
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Au Brésil, il y a plus de 300 territoires autochtones déjà délimités et reconnus par les gouvernements.
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Les territoires Yanomamis, c'est les plus grands de territoires déjà délimités.
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Donc c'est vraiment important pour nous d'être partie de la lutte de toutes les populations autochtones de différentes ethnies.
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Comme on a déjà eu l'occasion de dire, c'est un combat vraiment très difficile.
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Mais une des stratégies qu'on utilise, c'est par exemple en faire un campement qui s'appelle Terra Livre à Brasilia, où on rassemble plusieurs
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différentes populations autochtones pour discuter de moyens de lutte.
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C'est un combat vraiment très très dur et on renforce que c'est très important la vision aussi et l'aide extérieure pour nous aider dans ce combat.
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Dernière question.
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Vous parlez portugais.
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J'aimerais que vous parliez...
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pendant quelques secondes.
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Passer un message dans cette langue-là, qu'il faut que nos auditeurs entendent.
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C'est très important, le combat pour la langue.
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En portugais, je vais laisser un message.
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Hoje, por Yanomami,
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Queremos assim, branco, povo da floresta, queremos viver em paz.
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Sem preconceito, sem discriminação, sem...
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A gente se considera como isolados, isso não queremos.
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Queremos assim, sem problema dos invasores, problema de educação, problema de saúde e problema de mudança climática.
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Isso não queremos, mas queremos repensar e como nós vamos cuidar lá o nosso futuro planeta.
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Awe, kami ulitiri amak, kahawa makaha, yabih toblaru, honyam,
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e po'europeo teri wamakuna, wamane hininina, iwai homak bishari blariu.
14:2614:31
Homak bishari blariu, kami ulitiri amak blariu, kuobahama, wamane knoamang yamat peshimang.
14:3214:34
Anaha yakubihioma, hui amohika.
14:3714:37
Merci.
14:3814:38
Obrigada.
14:3914:40
Alors ça se traduit comment?
14:4014:41
Obrigada.
14:4214:42
Avant ?
14:4214:43
Avant.
14:4314:44
Ah!
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Avant, c'était le même message qu'il a laissé à la fin de la presse, du début.
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Donc c'était qu'il veut vivre en paix, avec la différence entre les peuples, qu'il veut qu'on trouve du respect et pas de préjugés.
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Un très grand merci.
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Donc je vous conseille cette exposition sur la lutte Yannomami, et c'était la Fondation Cartier, jusqu'au 10 mai.
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Maintenant, autre combat, le maccartisme aux États-Unis dans les années 50.
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Le maccartisme, c'est une période de l'histoire américaine comme également sous le nom de peur rouge et qualifiée fréquemment de chasse aux sorcières.
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Le maccartisme trouve ses origines dans le fort sentiment anticommuniste qui s'était développé aux États-Unis dans le contexte de la guerre froide.
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Il s'étend de 1950 avec l'apparition du sénateur Joseph McCarthy sur le devant de la scène politique américaine jusqu'à 1954 avec le vote de censure contre McCarthy.
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Et on peut dire que pendant deux ans, 1953-1954, la commission présidée par cet homme traqua d'éventuels agents, militants ou sympathisants communistes aux États-Unis.
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Plusieurs millions d'Américains sont soumis à des enquêtes judiciaires et policières.
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Par simplicité, l'expression est parfois utilisée dans un sens plus large.
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Elle désigne alors l'ensemble des investigations et de la répression menées par des commissions parlementaires américaines à l'encontre des communistes, leurs sympathisants, ou supposées telles
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à partir de 1946 déjà.
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Le monde du cinéma a été particulièrement touché, obligeant à l'exil de nombreux réalisateurs.
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Trente à Vernier nous parle du maccartisme.
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McCarthy, le sénateur McCarthy, finalement a joué un rôle très très important, mais très limité dans le temps.
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Il apparaît en gros en 1950, quand il va accuser...
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Il va donner sans la moindre preuve.
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Il va citer un nombre de communistes au département d'État sans apporter la moindre preuve de cette affirmation.
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Mais il va se faire connaître par ça.
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Ça va créer un boom énorme.
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Et il va surfer sur cette vague.
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Il va être en première ligne, en gros, jusqu'en 1954, quand il commettra l'erreur d'attaquer l'armée et de dénoncer un grand nombre de communistes dans l'armée.
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Et là, il va tomber sur un os, parce que ses assertions ne sont pas plus fondées.
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Et surtout, il va être défait par deux hommes.
18:2418:31
Le journaliste auquel Georges Clounet a rendu hommage dans son...
18:3118:32
Good night and good luck.
18:3218:33
Good night and good luck.
18:3418:40
Et le juge Welsh, le juge que Preminger...
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adversaire résolu de la liste noire, prendra comme acteur dans Autopsie d'un meurtre.
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Et dans les deux cas, à la télévision, en direct, McCarthy, là, se fera vraiment, on peut dire, détruire en direct.
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C'est ce qui a donné...
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À Bud Schulberg et à Elia Kazan l'idée d'un homme dans la foule.
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C'est basé sur la façon dont quelqu'un a réussi par la télévision et a été détruit par la télévision.
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Mais la liste noire a commencé bien avant le McCarthy, puisque...
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On peut, si on veut donner une date, avant de passer au moindre extrait de film, il faudrait donner un peu le contexte historique.
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C'est en 1938 qu'est créée la Commission des activités anti-américaines, avec pour but d'attaquer tous les extrémismes, aussi bien le nazisme...
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Que le communisme.
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Mais très vite, comme le FBI, la commission des activités américaines d'abord se choisit quelqu'un, enfin on met à sa tête quelqu'un,
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Martin Diaz, au lieu de Samuel Dikstein,
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Et Martin Diaz, Samuel Dikstein aurait appliqué...
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ce pourquoi il avait été nommé.
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Martin Diaz va ne cibler pratiquement que les communismes.
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Un petit peu comme Hoover qui attaquera le nazisme un peu à contre-coeur.
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Il le fera, mais à contre-coeur.
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Et là, en 1938, vont commencer un certain nombre de mises en accusation.
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Et alors, là, il faut remonter et faire encore un flashback.
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Les principales mises en accusation, les principales rumeurs vont concerner des gens qui ont créé la Directors Guild et surtout la Screenwriters Guild.
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Quand la Screenwriters Guild est créée en 1933, cela déclenche des bagarres énormes.
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La Guild des scénaristes qui entend réguler...
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Le métier qui entend interdire aux producteurs de s'emparer de crédits de scénaristes, ça arrivait avant souvent.
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Et d'ailleurs, les premiers présidents de la guilde seront les principales cibles des chasseurs de sorcières.
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Après cette évocation de ce qu'on a appelé la liste noire, Bertrand Tavernier prend un exemple, exemple d'un film de Joseph Lozé, Le temps sans pitié, un film de 1957.
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le cadre d'une conférence sur les survivants de la liste noire.
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En effet, Joseph Lozay, parti des États-Unis en Angleterre, a déjà réalisé trois films, mais sous des pseudonymes.
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Et puis là, il décide, avec le temps sans pitié, de signer enfin un film.
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J'ai fait deux articles sur ce film, un dans Cinéma, je ne sais plus, 59-60, et l'autre dans Positif.
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J'ai fait deux longues critiques sur ce film qui m'avaient énormément, énormément marqué.
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Alors, le tempo du film est frénétique.
22:2022:21
C'est un film survolté.
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En plus, c'est tiré d'une pièce que j'avais vue au Théâtre Comartin.
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C'est quand même formidable.
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Un monsieur qui attend, Temlin Williams, que j'avais vu et qui était joué par Louis Ducreux.
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Et c'était là où j'avais vu Louis Ducreux au théâtre, dans cette pièce.
22:3922:51
Il jouait le rôle que tient Michael Redgrave, qui fait donc le père d'un jeune homme qui va être condamné à mort, qui va être exécuté en principe dans deux jours, quand l'histoire commence.
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Et Michael Redgrave n'était pas là pour le jugement, le père, parce que c'était un ivrogne, c'était un alcoolique.
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Il était à la fois, je pense, retenu par ce vice, par un début de crise de désintoxication.
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Et il arrive.
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Là, il reste très peu de temps.
23:1123:13
Le film est marqué par le temps.
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Les horloges.
23:1423:18
Les horloges, le temps, des personnages collectionnent les horloges.
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Donc il y a des bruits de tic-tac tout le temps, tout le temps, tout le temps.
23:2223:33
Le film impose un style très, très, très frénétique, visuel, qui n'est pas naturaliste, avec une extraordinaire interprétation de Léo McKern.
23:3323:38
De beaucoup d'autres acteurs, mais de Léo McKern, qui faisait l'assassin, contrairement à la pièce,
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Là encore, c'est partie des changements qui sont bénéfices.
23:4423:47
On connaissait l'identité de l'assassin dès la première séquence.
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Parce qu'on voyait le meurtre, en fait.
23:5124:05
Dans des décors très stylisés et très impressionnants de Richard MacDonald, avec des taureaux, il y a énormément de symboles très forts, aussi bien en peinture que dans des statues.
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Qui va devenir des marques du losé anglais de cette époque.
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Alors je vous conseille évidemment le film Le Temps sans pitié de Joseph Lozé qui ressort en salle dans une version restaurée, un film donc de 1957.
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Je vous conseille également l'événement festif intitulé Vendange graphique.
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Je vous disais festival de bande dessinée, mais peut-être pas seulement.
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C'est donc à Condrieu.
24:3624:39
Nous sommes dans le Rhône, au sud de Lyon.
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Et le dessinateur, auteur de bande dessinée, L'Axe, qui est un des régionaux de l'étape, va nous parler de cet événement qui se déroule les samedis 7 et dimanche 8 mars 2020.
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Et c'est salle de l'Arbuel à Condrieu.
25:0125:06
Avec une ribambelle d'auteurs de bandes dessinées.
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Alors il y en a tellement que je ne peux pas les citer, mais il y a exposition, animation, table ronde, dégustation, et c'est organisé par l'association La Marque Rouge.
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Bonjour, vous êtes bien sur Répondeur de la librairie L'Introuvable, rue de la Ville à Saint-Etienne.
25:2725:31
Lucia et Max sont absents, mais vous pouvez leur laisser un message ou votre liste de recherche.
25:3225:34
Nous vous rappellerons dès que possible.
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Merci.
25:3625:40
Bonjour, je vous appelle parce que j'ai des tintins noirs et blâmes.
25:4025:43
Et il date de l'époque de mon grand-père.
25:4425:46
Mais pour amuser les gosses, je les ai fait colorier.
25:4725:48
Est-ce que ça vous intéresse?
25:4825:50
Vous pouvez me rappeler à ce numéro.
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Et l'Axe nous parle maintenant de son parcours, un parcours de 30 ans et plus.
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Comme auteur de bande dessinée, et il évoque les vendanges graphiques.
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Alors, M.
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Lacks, bonjour.
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Bonjour, Claude.
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C'est vraiment depuis le début.
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Depuis le début, en bande dessinée, oui.
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Parce qu'il s'avère que déjà au collège et au lycée, quand je faisais des dessins pour mes petits camarades, parce que j'ai commencé tôt à amuser la galerie avec mes...
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Ah, c'est pas une vocation tardive.
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Non, non, je signais l'axe.
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Et ça fait combien de temps, ça?
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Mon Dieu!
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Écoute, je suis sorti des Beaux-Arts en 1975, donc j'ai déjà quelques heures de vol pour ce qui est du métier d'illustrateur.
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Alors moi, je me souviens de...
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Vraiment, vraiment, d'une bande dessinée en noir et blanc.
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Réalisé avec les deux frangins, les deux frères Lacroix.
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Oui, avec mon frère Yves, qui était lourdement handicapé, qui est décédé il y a quelques années, et
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qui écrivait, et je m'étais réapproprié une partie de ses textes, et puis j'avais voulu mettre en scène ce qu'était son quotidien, sa vie.
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J'avais un peu romancé mon affaire pour que le récit...
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Puisse happer le lecteur autant que faire se peut.
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Et ça s'appelait« Des mots pour le dire».
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On le trouve encore?
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Oui, il est encore au catalogue des éditions Vendouest.
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Et je pense que la parution, c'est 86 ou 87, un truc comme ça.
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Voilà, c'est une œuvre de jeunesse.
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Oui, oui.
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Mais très importante pour moi.
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Très marquante, très marquante.
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Et pour, je pense, pour...
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Pour Yves aussi.
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Pour Yves et tous les lecteurs, oui.
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Quel gars courageux, hein?
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Oui, oui, oui.
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Il méritait bien cet hommage de ma part.
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Déjà à ce moment-là, je pensais que la bande dessinée pouvait aborder tous les sujets.
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Alors beaucoup de portes me sont claquées au nez parce que certains me disaient« Vous vous rendez compte, un type dans un fauteuil roulant comme personnage central d'une BD, ça ne marchera jamais!
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» Évidemment.
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Voilà, jusqu'à ce qu'un éditeur un peu plus courageux que les autres, en l'occurrence Vendouest à l'époque,
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me prennent ce projet.
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Et depuis?
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Depuis...
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Les marches.
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Il y a eu beaucoup de choses.
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On les a montées.
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Oui, oui, oui.
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Jusqu'à une notoriété, évidemment, époustouflante.
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N'exagérons rien.
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Mais qu'est-ce qu'on pourrait prendre comme étape?
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Il n'y a pas que le vélo dans la vie quand même.
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En matière de...
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Oui, comme tu parles d'étapes, je pense immédiatement au vélo qui est quand même une invention, un instrument qui m'est très cher.
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Il est venu d'ailleurs en vélo ce matin.
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J'aurais pu, mais il y a un peu trop d'autoroutes pour prendre le vélo.
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Et voilà, donc j'ai fait plusieurs albums autour du cyclisme, qui sont réunis aujourd'hui dans un recueil dont le titre...
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très échappé belle au pluriel, qui est publié chez Futuropolis.
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J'ai fait environ 350 pages de bande dessinée sur le cyclisme, à travers deux, trois, quatre albums.
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Mais c'est quoi?
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C'est de l'obsession?
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C'est de l'addiction?
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À un moment donné, c'était presque une addiction, oui.
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C'est bien, une profession ici, j'aime bien moi.
29:3529:36
Oui, oui.
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Non, j'aime beaucoup pratiquer ce sport, ce loisir.
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Ces balades me sont indispensables, me sont chères.
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C'est le loisir ou le sport?
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Maintenant, c'est le loisir.
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Ah oui, avec l'âge.
29:4929:50
Voilà, avec l'âge.
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Mais j'ai fait quand même...
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Il y a des vélos électriques maintenant.
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Oui, oui.
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Le mien n'est pas encore électrique.
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Mais bon, j'ai encore un peu de jarret.
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Mais j'ai disputé quelques cyclosportifs, quelques épreuves pour amateurs.
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Parce que ça me plaisait.
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Maintenant, c'est derrière.
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Mais le vélo m'est un outil indispensable.
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C'est mon oxygène.
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Oui, puis c'est une source d'inspiration apparemment.
30:1430:15
C'est une source d'inspiration.
30:1530:16
Oui, oui, oui.
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Et puis c'est un moyen pour moi parfois de débloquer des situations.
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Quand j'ai des problèmes scénaristiques dans mon travail, même si je ne travaille pas autour du vélo, de partir rouler trois ou quatre heures, ça m'oxygène ma petite cervelle et parfois les choses se débloquent.
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Je l'ai vérifié maintes fois.
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Donc le vélo, très particulier.
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prenante dans l'évolution de ce dessinateur.
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Ce n'est pas seulement dessinateur, d'ailleurs.
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Non, parce que j'écris mes scénars maintenant, donc je suis auteur de bande dessinée.
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On dit dans le milieu de la BD un auteur complet, pour nous différencier de ceux qui ne font que le dessin ou que le scénario.
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Je reçois l'auteur complet.
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Mon Dieu.
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Et qui plus est un cycliste, donc c'est archi complet.
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Et alors après, qu'est-ce qu'il y a eu?
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Alors j'ai fait aussi, pendant quelques années, j'ai travaillé sur la guerre d'Algérie avec mon ami Franck Giroud au scénario.
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Là, pour le coup, j'étais moins complet.
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Mais ça, c'est de l'histoire ancienne.
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Alors Franck Giroud faisait quoi par rapport à l'axe?
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Franck Giroud, j'ai fait Azraïen avec lui, qui est un album sur la guerre d'Algérie.
31:3031:35
J'ai travaillé, on a fait Les Oubliés d'Anam ensemble, sur la guerre d'Indochine.
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La fille aux ibis, sur la fin de la période de Chaouchescu.
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Ah, jusque-là, je connais.
31:3931:39
Voilà.
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Oui, mais je veux dire, quel est le rôle de l'un et de l'autre?
31:4331:45
Franck était mon scénariste.
31:4531:45
Voilà, c'est ça.
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Historien de formation.
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Et donc, il arrive avec la doc, il arrive avec tout ça.
31:5031:50
Voilà.
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Il me fournissait tous les éléments, il me fournissait son récit.
31:5431:57
Et moi, je n'étais que le metteur en images.
31:5732:00
La mise en scène, la mise en images de son récit.
32:0032:05
Mais en plein accord avec lui et on avait un dialogue permanent pendant que je réalisais les images.
32:0632:07
Et ensuite?
32:0732:10
Et après, après Franck, je n'ai plus...
32:1032:13
eu de velléité pour partager ce boulot.
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J'ai eu envie de travailler tout seul.
32:1532:20
Donc j'ai fait plusieurs albums du Chouka, qui est un polar contemporain.
32:2132:21
Et puis...
32:2232:23
Ça a bien marché, ça.
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Oui, pas mal.
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Mais bon, j'en ai fait huit.
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Après, j'ai eu envie de passer à autre chose.
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Alors après, je m'y perds un peu dans la chronologie.
32:3332:36
Donc après, on peut faire un saut dans le temps.
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J'ai fait un album qui s'appelle Un certain Cervantes, qui est une sorte de Don Quichotte contemporain.
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C'est une critique de la société libérale contemporaine.
32:4832:54
Que j'ai ancré aux États-Unis parce que j'avais envie de dessiner les paysages de l'Ouest américain, où j'étais allé un peu en voyage.
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Voilà, et donc un certain Cervantes est à la fois le portrait d'un Don Quichotte contemporain et un portrait, un espèce de miroir
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de Cervantes, du vrai Cervantes qui a écrit Don Quichotte au XVIIe siècle.
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Donc Cervantes, Miguel de Cervantes, a eu une vie d'aventurier.
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Il a été militaire.
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Il a perdu l'usage d'un bras dans une bataille navale en Méditerranée contre les Arabes à l'époque, contre les Ottomans.
33:2933:33
Et il a fait des séjours en prison.
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Il a été coincé dans des histoires de malversation à une époque où il était collecteur d'un bras.
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des impôts pour le roi Philippe II d'Espagne.
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Enfin bon, le vrai Cervantes, on le retrouve finalement dans Don Quichotte.
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Il a eu une vie très chaotique.
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Et donc, dans cet album, j'évoque ça à travers un Cervantes contemporain.
33:5433:55
C'est ça, oui.
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J'allais dire, il y a quand même quelques allusions très contemporaines dans ce que je viens d'entendre.
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Et c'était chez qui?
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Chez Futuropolis.
34:0334:04
Toujours, hein, Futuropolis.
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Oui, je suis avec Futuropolis depuis quelques années maintenant.
34:0934:10
Oui, ce qui est pas mal.
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Oui, je me sens bien avec eux.
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C'est une petite équipe très efficace.
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Futuropolis fait partie du groupe Gallimard, mais est totalement indépendant dans ses choix et dans la gestion de sa production.
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C'est une petite production, c'est une quarantaine d'albums de bandes dessinées par an, là où certains en sortent mille par an.
34:3434:34
Des gros éditeurs.
34:3534:40
Donc voilà, il y a du coup un travail un peu plus suivi, un peu plus soigné à tous les niveaux.
34:4134:50
Et puis, après un certain Cervantes, j'ai eu la proposition de cet éditeur Futuropolis de travailler.
34:5034:54
Ils ont une collection qui est coéditée avec le musée du Louvre.
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Donc j'ai eu une proposition pour travailler dans la collection du Louvre.
35:0135:04
J'ai dit oui et puis j'ai cherché une idée et puis je l'ai trouvée.
35:0435:10
J'ai travaillé sur l'art africain et c'est un album, ça c'est le dernier album que j'ai fait, qui est paru.
35:1035:13
il y a un peu plus d'un an, qui s'appelle une maternité rouge.
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Cette maternité rouge étant une statuette venue du pays d'Ogon, venue du Mali, et qui, dans les bagages d'un jeune migrant qui fuit le Mali, comme beaucoup d'Africains fuient aujourd'hui
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ces pays maudits pour eux,
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fuit la violence sociale, militaire, etc.
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Donc cette statuette fait le voyage dans les bagages de ce jeune homme jusqu'au musée du Louvre, où il espère qu'elle sera prise en charge
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et mise définitivement à l'abri dans cette espèce de sanctuaire qu'est un musée aujourd'hui.
35:5335:53
Voilà.
35:5335:56
Oui, ça me fait plaisir parce que je m'aperçois que je suis presque à jour.
35:5735:57
Voilà.
35:5836:00
Et j'ai actuellement quelque chose d'autre en chantier.
36:0036:01
Ah!
36:0136:01
Voilà.
36:0236:02
Et qui est?
36:0336:06
Et dont le titre sera l'université des chèvres.
36:0636:07
Ah ah!
36:0736:07
Pardon?
36:0736:08
Qu'est-ce que c'est que ça?
36:0936:10
L'université des chèvres.
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Qu'est-ce que c'est?
36:1136:11
Qu'est-ce que c'est?
36:1136:16
L'université des chèvres, c'était le mode de fonctionnement...
36:1636:24
Des instituteurs itinérants qui parcouraient le sud de la France, les Alpes du Sud, qui allaient jusqu'en Italie, et
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qu'on appelait aussi des colporteurs en écriture, et qui allaient de village en village, surtout dans les périodes d'hiver où les enfants étaient beaucoup plus désœuvrés qu'à partir du printemps, où ils étaient sollicités pour les travaux des champs.
36:3836:40
Donc ils allaient de village en village pour...
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enseigner la lecture, l'écriture et le calcul.
36:4436:51
Et selon qu'ils étaient savants, plus ou moins savants, ils avaient deux ou trois plumes à leur chapeau.
36:5136:52
C'est à ça qu'on les reconnaissait.
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S'ils n'enseignaient que la lecture et l'écriture, ils avaient deux plumes.
36:5536:59
Et s'ils avaient le calcul en plus dans leur bagage, ils avaient trois plumes à leur chapeau.
37:0037:03
Et donc, on va suivre mon récit.
37:0337:12
Alors, ce mode de fonctionnement avait été baptisé l'université des chèvres par un Anglais qui se baladait dans les Alpes à cette époque-là.
37:1237:16
Je ne me souviens plus si c'était un journaliste ou un écrivain et qui avait trouvé ça amusant.
37:1737:19
Et ce sera le titre de mon bouquin.
37:1937:28
Et ce récit qui démarre au XIXe siècle dans les Hautes-Alpes, dans la région de Barcelonette, se poursuit de nos jours.
37:2937:36
On aura la période dont je te parle au XIXe siècle, c'est une espèce de prologue.
37:3637:45
Et on aura une prolongation de nos jours aux États-Unis et au Moyen-Orient, où on va suivre les difficultés de l'enseignement,
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les dommages collatéraux que peut subir l'école à travers les maîtres ou les élèves.
37:5438:03
Dommages qui sont le résultat des pressions des guerres, des conflits locaux ou plus généraux, des pressions religieuses, des intolérances de toutes sortes.
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Ce livre sera un espèce de martyrologue de l'école.
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Alors,
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On a quand même la preuve, si besoin était, en entendant tout ça, en
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suivant tout ce parcours, qu'effectivement, la bande dessinée peut traiter tous les sujets.
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Absolument.
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Je ne dis pas n'importe quoi, on va dire tous les sujets.
38:3238:34
Oui, il n'y a pas de raison que...
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Elle est d'ailleurs aujourd'hui de plus en plus sérieuse.
38:3738:39
Elle est de plus en plus sérieuse.
38:3938:53
On a un éditeur comme Futuropolis, dont on a parlé tout à l'heure et qui est le mien actuellement, qui va vraiment dans cette direction, qui publie énormément de ce que certains appellent aussi aujourd'hui des romans graphiques.
38:5338:53
Bien sûr.
38:5338:56
Ça a un côté un peu plus savant, mais bon, c'est la même chose.
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Ce sont des albums de bande dessinée qui sont un peu plus épais et qui ne s'inscrivent pas dans une série, comme ce fut le cas pour la BD pendant des années.
39:0639:11
Et donc, moi, j'ai un peu l'impression, d'ailleurs, il y a quand même une grande part.
39:1239:16
J'écris autant que je dessine, ne serait-ce qu'en amont, avant de commencer à dessiner.
39:1739:21
Je fais de nombreuses recherches quand je me colle sur un sujet.
39:2139:25
Je lis beaucoup, je prends des notes, je vais sur Internet, etc.
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Il y a un gros travail d'écriture, un travail presque journalistique ou presque un travail d'écrivain.
39:3039:35
J'ai un peu l'impression de faire le même boulot qu'un écrivain, sauf que j'ai le dessin à ma disposition.
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La bande dessinée étant un mode d'expression un peu hybride, finalement.
39:4039:40
Et quand on...
39:4039:43
On part, par exemple, des Alpes du Sud.
39:4439:52
Est-ce qu'on traite ça sous forme d'illustration, carte postale, machin?
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Ou est-ce qu'on va sur place?
39:5439:54
Je vais sur place.
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C'est quand même mieux.
39:5639:56
Oui.
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Puis c'est un coin où je vais assez fréquemment.
39:5940:01
Il se trouve que ce n'est pas par hasard non plus.
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On crée le début de cette histoire là-bas.
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J'ai des paysages en tête.
40:0640:07
En vélo.
40:0740:08
Voilà, en vélo.
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Des photos, des croquis faits sur place.
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Donc j'ai des munitions.
40:1440:14
D'accord.
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Alors, munitions, oui, mais j'ai vu comme ça, par inadvertance, qu'il y a une affiche sur un événement
40:2740:30
qui vient d'être réalisé par un certain Lacks.
40:3240:34
Donc, c'est bien d'avoir Lacks.
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Là, au micro, parce qu'on peut parler de l'affiche.
40:3840:39
Et puis de l'événement que ça représente.
40:4040:42
C'est une histoire de vendange graphique.
40:4240:43
Oui, tu te rends compte.
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Qu'est-ce que c'est que cette histoire?
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Non, ça ne m'étonne pas.
40:4640:47
Ça ne m'étonne pas.
40:4740:50
Mais au-delà de mon étonnement, il y a peut-être quelque chose à dire.
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Oui, Vendange Graphique est un festival de bande dessinée qui a lieu dans notre belle région lyonnaise et qui a lieu précisément à Condrieu.
40:5940:59
Voilà.
40:5941:00
Début mars.
41:0141:08
Et donc, Condrieu, ça parle évidemment à ceux qui connaissent le mot vendange.
41:1041:11
Déjà.
41:1141:12
Et voilà, ce festival...
41:1241:14
Et on essaie de leur faire connaître le mot bande dessinée.
41:1541:16
Voilà, exactement.
41:1641:29
Et ce festival est soutenu à la fois par des libraires de la région, de Vienne notamment, et par des vignerons de cette belle région de Condrieu, qui est aussi la capitale régionale de la rigote de chèvres.
41:3041:30
Ah bon?
41:3041:31
Mais oui.
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Voilà, donc j'ai fait cette affiche pour eux.
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Et cet événement a lieu le week-end du 8 mars, donc très bientôt.
41:4041:47
Oui, et avec participation de nombreux créateurs de bandes dessinées, dont l'Axe.
41:4841:59
Voilà, je participe à une petite table ronde autour de l'actualité dans la bande dessinée contemporaine, ce qui me va très bien puisque finalement je traite de sujets d'actualité.
42:0042:04
Et alors, il me semble que le fameux lac sans question,
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Il y a déjà allé, il y a quelques années.
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J'y suis allé à Condrieu, oui.
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Il m'avait fait l'honneur d'une expo autour de mon travail, il y a 4-5 ans environ.
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Et j'avais promis que je ferais l'affiche un jour.
42:1842:19
Voilà, c'est chose faite.
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Qu'est-ce qu'on peut dire vraiment de la particularité de cet événement?
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C'est un événement à taille humaine.
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Il y en a tellement aujourd'hui.
42:2842:29
C'est un événement à taille humaine.
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Contrairement aux grands événements que sont Angoulême ou Saint-Malo ou Blois ou Chambéry, qui sont des grands rendez-vous.
42:3942:40
Annuel de la bande dessinée.
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qui sont indispensables parce que ça permet, ne serait-ce qu'en Goulême, au moins une fois par an, tous les médias parlent de la bande dessinée.
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Mais Saint-Malo ou Blois drainent aussi énormément de médias au moins régionaux.
42:5342:58
Mais ça, ce sont des grands rendez-vous où il y a quelques centaines d'auteurs invités, où il y a un public énorme.
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Le folie, là.
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Voilà, c'est des grosses machines.
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Condrieu, à côté de ça, a un caractère beaucoup plus familial.
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On est une vingtaine d'invités, dans un endroit restreint comme ça.
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Mais vous signez ou vous buvez?
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On signe.
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Avant d'avoir bu, peut-être qu'il vaut mieux.
43:1943:20
Et puis on parle.
43:2043:21
Sans excès.
43:2143:22
Sans excès.
43:2343:24
Il y a des bonnes choses à boire.
43:2543:25
Ah d'accord.
43:2643:28
Et puis, il y a aussi quelques rencontres.
43:2843:30
Je parlais de table ronde tout à l'heure.
43:3043:35
Et c'est organisé par une équipe très efficace, très sympathique.
43:3643:43
C'est le genre d'endroit où la plupart des dessinateurs ou des auteurs de bandes dessinées préfèrent ce genre d'endroit à Angoulême.
43:4343:45
Moi, je ne suis pas allé à Angoulême cette année.
43:4643:47
Je ne cours pas après.
43:4743:53
Vraiment, je trouve ça plutôt épuisant et sans grand intérêt en dehors des expositions.
43:5344:00
Parce qu'Angoulême a les moyens financiers de réaliser de très belles expositions avec des scénographies importantes, etc.
44:0144:06
Moyen que n'a pas Condrieu, mais peu importe, ce n'est pas le même service qui est proposé au public.
44:0744:10
Mais c'est vrai que c'est toujours très intéressant de...
44:1044:21
d'insister sur cette bande de passionnés qui s'investissent complètement dans un événement.
44:2144:21
Oui.
44:2344:24
C'est le cas à Condrieu.
44:2444:36
C'est le cas à Condrieu et c'est le cas dans beaucoup d'endroits en France où il y a des associations comme ça, d'amateurs, en l'occurrence de bandes dessinées, qui font vivre la bande dessinée.
44:3844:43
Presque tous les week-ends, il y a des événements autour de la bande dessinée, autour du livre, autour du livre d'une manière générale.
44:4344:45
C'est très prenant pour les auteurs de bande dessinée.
44:4544:47
Ça peut être très prenant, ça peut l'être, oui.
44:4844:49
On peut, à la limite...
44:4944:50
Parce que ce n'est pas facile de refuser non plus.
44:5144:57
Ce n'est pas toujours facile, surtout qu'au fil du temps, on finit par créer des liens avec ses organisateurs.
44:5744:59
Il y a des moments où c'est difficile de dire non.
44:5945:00
Très difficile.
45:0145:15
Et alors, quand on est, on s'appelle l'axe, qu'on est devant sa feuille blanche, qu'on est face à un lecteur ou une lectrice qui attend, qui attend.
45:1645:18
Alors, qu'est-ce qu'ils attendent?
45:1945:28
Et qu'est-ce que leur offre l'axe dans ce moment exceptionnel de rencontre entre un auteur et un lecteur?
45:2845:30
Oui, c'est un moment de partage.
45:3045:31
Moi, j'y vais beaucoup pour ça.
45:3145:32
Parce que ça peut être l'usine.
45:3345:35
Ça peut être l'usine à Angoulême, par exemple.
45:3645:40
Mais justement, dans des endroits comme Condrieu, c'est un peu moins l'usine.
45:4045:42
Donc on prend un peu le temps.
45:4245:43
On prend le temps de discuter.
45:4445:49
Moi, j'y vais pour entendre les gens me parler de mon travail, en bien ou en mal.
45:4945:51
En général, c'est plutôt en bien.
45:5145:51
Ah bon?
45:5245:53
C'est rassurant.
45:5345:54
Ils ne font pas l'effort de se déplacer.
45:5545:55
C'est bien.
45:5646:02
Grande nouvelle, l'axe va continuer à dessiner parce qu'il a été encouragé par les lecteurs.
46:0246:16
Donc voilà, pendant que je fais un dessin sur la page de garde du livre que ces braves gens ont bien voulu m'acheter, je discute tout en dessinant.
46:1646:22
Ça dure 8 à 10 minutes et voilà, on parle de ce dont le lecteur a envie de parler.
46:2246:25
Alors ça peut être de mon boulot, ça peut être de toute autre chose.
46:2546:31
Ça peut être du dernier match de je ne sais pas qui, du Tour de France, de Cervantes.
46:3346:35
Voilà, on parle et ça me va très bien.
46:3646:38
Donc ça, c'est très bientôt.
46:3846:39
C'est très bientôt.
46:3946:40
Voilà.
46:4046:46
Et on encourage même nos auditeurs d'un petit peu partout à découvrir Condrieu.
46:4646:47
Oui, oui, oui.
46:4746:49
Alors, situons Condrieu sur la carte.
46:4946:52
Condrieu est au sud de Lyon, juste à côté de Vienne.
46:5246:53
Très accessible.
46:5346:54
Très accessible.
46:5446:58
Alors, j'ai parlé tout à l'heure des grands festivals et il y en a un que j'ai oublié.
46:5947:10
Mais à coup de pas, c'est le festival de Lyon qui a lieu tous les ans au mois de juin et qui est en train de prendre une ampleur considérable, qui est très, très bien organisée, qui a lieu à la Bourse de Lyon et dans le centre...
47:1047:14
Donc dans des lieux assez prestigieux et très sympathiques.
47:1547:22
Il y a le musée des confluences qui produit des animations autour du festival, etc.
47:2247:27
Et Lyon, qui a lieu au mois de juin, est un événement de plus en plus important.
47:2847:31
Condrieu est un petit frère ou un petit cousin du festival de Lyon.
47:3247:34
Mais je crois que Condrieu a peut-être plus d'ancienneté.
47:3547:36
A vérifier.
47:3647:37
Voyez-vous ça?
47:3847:47
Bon, l'Axe, ça fait tellement longtemps qu'on ne s'était pas vus en radio qu'il va falloir maintenant qu'on prenne une résolution.
47:4947:53
Et il sort quand ce fameux livre?
47:5347:59
Alors, j'ai encore beaucoup de travail parce que c'est un gros livre qui va faire 150, 170 passages.
47:5948:03
Ah, ça y est, il a encore repoussé ça au calende grec.
48:0348:04
Oui, il sortira en 2022.
48:0548:06
2022, pas avant.
48:0748:07
Pas avant.
48:0748:08
C'est peu probable.
48:0848:10
Je pense au premier semestre 2022.
48:1148:13
Donc il faut encore attendre...
48:1348:14
Un an et demi, deux ans.
48:1548:17
Oui, mais ce qui serait intéressant...
48:1748:21
Pour tout vous dire, j'ai fait une trentaine de pages sur la totalité.
48:2148:25
Donc, j'en suis à un cinquième du travail en cinq mois.
48:2748:29
Parce que je soigne le travail.
48:2948:30
Ah bon?
48:3048:31
Ah ben c'est nouveau ça!
48:3248:38
Non, non, parce que ce qu'on pourrait aussi, c'est se voir à mi-parcours.
48:3948:40
On peut, oui.
48:4148:41
Oui.
48:4248:46
Se revoir à mi-parcours et se dire alors, où ça en est tout ça?
48:4648:47
Donc mi-parcours, d'accord.
48:4848:50
Et bon, ça veut dire qu'on en est où dans le trajet?
48:5148:53
On en sera à la moitié des pages, j'espère.
48:5348:56
Oui, et la moitié des pages, ça sera où?
48:5748:58
Géographiquement?
48:5849:00
Ah, ça sera...
49:0049:01
Parce qu'apparemment...
49:0149:02
On va voyager.
49:0449:06
Etats-Unis ou Afghanistan, je ne sais pas.
49:0649:06
Un des deux.
49:0649:08
On va faire la navette entre les deux.
49:0849:11
Parce que je parlais de cet instituteur itinérant.
49:1349:15
Dont Victor Hugo parle dans Les Misérables.
49:1549:26
C'est dans Les Misérables que j'ai trouvé l'allusion à ces instituteurs itinérants, qui étaient des jeunes gens un peu plus savants que les autres, qui se dévouaient, enfin qui étaient payés aussi.
49:2649:35
Et on a l'équivalent aujourd'hui dans les montagnes afghanes ou irakiennes, avec des instituteurs itinérants qui font le même genre de boulot.
49:3549:38
Donc, voilà.
49:3849:41
À 150, 200 ans d'écart, on a la même chose.
49:4249:46
Donc je vais montrer ça, évidemment.
49:4649:48
Ah oui, passionnant tout ça.
49:4849:49
Donc à très bientôt alors.
49:4949:50
Bien sûr.
49:5049:52
Et merci pour l'invitation, Claude.
49:5249:53
Il n'y a vraiment pas de quoi.
49:5449:55
Allez, ciao.
49:5649:56
Ciao.
49:5749:57
Longue route.
49:5849:59
Elle sera longue.
50:0150:01
Au revoir.
50:0350:07
Bonjour, vous êtes bien sûr répondeur de la librairie L'Introuvable, rue de la Ville à Saint-Etienne.
50:0850:09
Lucia et Max sont absents, mais vous pourrez...
50:1050:12
Vous pouvez laisser un message ou votre liste de recherche.
50:1350:15
Nous vous rappellerons dès que possible.
50:1650:16
Merci.
50:1850:19
Allô, c'est la boucherie sans eau?
50:2050:22
Je voudrais commander un gigot.
50:2250:23
Allô?
50:2350:24
Allô?
50:2750:29
Mais dis-moi pas que c'est pas vrai.
50:2950:32
Giro et Moebius, c'est le même?
50:3350:36
Celui qui fait Blueberry et celui qui fait les trucs dans l'espace, là?
50:3750:38
Bon, j'y crois pas.
50:3850:40
Alors ça, je vais passer vous voir pour vérifier.
50:4250:43
Juste une question.
50:4450:46
Boule et Bill, boule, c'est le chien?
50:4750:49
Ou c'est Bill le chien?
50:4950:50
Je ne sais plus.
50:5050:52
Peut-être que vous auriez la réponse.
50:5350:54
Peut-être même que vous auriez des boules et billes.
50:5650:58
Nous avons donc ce soir évoqué trois sujets.
50:5851:06
Tout d'abord, l'exposition de la Fondation Cartier sur les Yanomamis, une exposition jusqu'au 10 mai.
51:0651:09
Et je vous la conseille vivement.
51:0951:19
Ensuite, nous avons évoqué le maccartisme aux États-Unis et un film, Le temps sans pitié, de Joseph Lozé, 1957.
51:1951:31
Pour terminer, par les vendanges graphiques, le festival qui se déroule à Condrieu ce week-end, ce samedi 7 et dimanche 8 mars 2020.
51:3251:35
El sol ya se está levantando.
51:4051:46
Que ya renació el nuevo día, que ya renació el nuevo día.
51:4652:00
Bailamos en toda la fraternidad, porque a través de las tinieblas, las luces están resplandeciendo, el niño y bello firmamento, el niño y bello firmamento.
52:0152:06
Acérquense todos hermanos, que tenemos el alma en China.
52:0652:12
Ya podemos orar, si jamos, la tierra de nuevo está unida.
52:1252:15
La tierra de nuevo está unida.
52:2152:24
Que vibren nuestros corazones.
53:5054:04
El alma es una guitarra, los pies son una pantera, los ojos brillan como estrellas, que traigan aquí la boneta, que traigan aquí la boneta.
54:0454:10
Si bien yo estoy dulcindur, llegó el tiempo de la perdur.
54:1054:18
La miel de tus labios me amaba, me daba el paso al sur, me daba el paso al sur.
54:1954:25
Bailamos pues sin miedo alguno y que no nos falte ninguno.
54:2554:30
La muerte está muerta y bien muerta, que viva de nuevo la vida.

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